Projeter le
cercle
Comme dans toute tradition wiccane, des cercles sont projetés dans la
tradition dianique dans le double but de protéger les personnes à l'intérieur
du cercle de toute intrusion ou influence négatives, et également de contenir
l'énergie levée dans les limites du cercle. Ceux-ci sont en réalité des sphères
délimitées par le diamètre du cercle tracé, c'est cette sphère qui reçoit et
accumule l'énergie produite. Aussi, lorsque le cercle est projeté, il convient
de visualiser non pas les simples limites du cercles mais bien une demi-sphère
au-dessus de celui-ci, sachant qu'une autre demi-sphère existe sous le cercle
de sorte que les participants se trouvent à mi-chemin et que l'espace consacré
comprend aussi bien le sol sous le cercle que l'air au dessus des participants.
Le diamètre est par nécessité variable selon le nombre de participants et la
place dont on dispose.
Une sorte de nouvelle imagerie d'Epinal nous montre communément de beaux
cercles tracés à la craie ou à la farine, bien ronds et visibles sur une
surface entièrement dégagée. Ceci est possible lorsqu'on est assez fortuné pour
posséder une salle entièrement dédiée à un sanctuaire permanent, mais ça l'est
nettement moins quand on fait partie du commun des mortels (dont faisaient
également partie les sorcières quelle que soit leur époque ou leur origine
géographique) et que l'on pratique avec la place dont on dispose dans son
habitation. Il est évident qu'il convient de choisir un espace le plus large et
dégagé que possible, et là où on est le moins susceptible d'être dérangé. Par
exemple, dans une petite pièce, il est possible de visualiser les limites du
cercle comme englobant entièrement la pièce, ce qui peut être pratique
pour se mouvoir à l'intérieur sans difficulté. Un cercle peut être aussi
grand que l'on désire ou que l'on en a besoin, on tiendra donc naturellement
compte du nombre de personnes présentes à l'intérieur et du type d'activité
envisagée : si on prévoit de danser, il faudra un cercle large, voir très
large, en veillant à éloigner les bougies ou tout obstacle au parcours des
participants. Si par contre on prévoit une célébration requérant peu de
mouvements, un cercle plus restreint conviendra parfaitement. Il existe des
largeurs "idéales" pour un cercle dans la Wicca, et cela intrigue
beaucoup surtout les débutants. Que cela soit clair : ce qui compte le plus
n'est pas une taille symbolique exacte mais l'aspect pratique. Les sorcières ne
sont pas tenues d'être ricrac avec des données issues de traditions
kabbalistiques, numérologiques, ou soi-disant d'antique ancienneté. Les
sorcières sont bien terre à terre et savent faire feu de tout bois.
Une fois l'autel dressé et les limites du cercle décidées, il est temps de
procéder aux différentes étapes de la projection du cercle à proprement parler,
c'est à dire, la création de cette sphère protectrice englobant l'autel et ses
participants. Le processus de création du cercle est pour ainsi dire le même,
que l'on pratique seul ou en groupe. Il peut être du plus simple, avec une
purification et un cercle construit par la méditation du groupe disposé en
cercle et se donnant les mains, à quelque chose de plus formel, suivant cet
ordre :
1. Déterminer les limites du cercle
2. Purifier l'espace du cercle par les quatre éléments
3. Créer le cercle séparant l'intérieur de l'extérieur avec l'athamé
4. Purifier ceux qui entrent dans le cercle
5. Fermer le cercle une fois tout le monde à l'intérieur
6. Invoquer les déesses et les éléments des quatre directions
7. Sceller le cercle
L'étape 2, qui est celle de la purification, consiste à allumer les bougies et
l'encens. Des prêtresses/prêtres (s'il y en a) font le tour du cercle avec
chacun de ces éléments, pendant que la Grande Prêtresse consacre successivement
l'eau et le sel au dessus du pentacle d'autel. Il est convenu que l'eau de mer
est préférable, mais comme tout le monde n'est de loin pas riverain d'une
bordure de mer, le consécration de l'eau et du sel, que l'on mélange ensuite
ensemble, permet de reconstituer cette eau salée. Voici des formules types que
le Paradigme de la Sphinge utilise pour ces consécrations :
Eau : Je te bénis et te consacre, créature de l'eau, afin que soient
chassés de toi tout mal et toute impureté, au nom de la Déesse. Qu'il en soit
ainsi!
Sel : Je te bénis et te consacre, créature saline, afin que soient
chassés de toi tout mal et toute impureté, au nom de la Déesse. Qu'il en soit
ainsi!
Lors du mélange de l'eau et du sel : Puissent eau et sel se rejoindre
pour former cette eau sacrée d'où vient toute vie, qu'il en soit ainsi!
Dès que les prêtresses ont fait le tour du cercle avec l'air et le feu, toutes
quittent le cercle et se tiennent face au nord-est. La Grande Prêtresse purifie
alors le sol rituel avec le mélange d'eau et de sel, ainsi qu'elle-même.
Elle trace alors avec l'athamé les limites du cercle dans le sens des aiguilles
d'une montre, de l'est vers le sud, l'ouest, le nord et enfin de nouveau l'est.
Un passage est laissé au nord-est afin de permettre l'entrée des prêtresses
restées en dehors du cercle pour méditer. Les prêtresses entrent alors, la plus
âgée la première, la plus jeune en dernière.
La Grande Prêtresse les purifie un à un en leur appliquant de l'eau consacrée
au niveau du troisième oeil, de la bouche et du coeur, ou par aspertion, en
disant :
Je te purifie de toute peur et toute angoisse, au nom de la Déesse.
La personne purifiée répond :
J'entre dans le cercle en parfait amour et en parfaite confiance.
La Grande Prêtresse embrasse alors la personne purifiée et la prend dans ses
bras en disant :
Bienvenue en présence de la Déesse.
Lorsque tout le monde est entré, la Grande Prêtresse ferme le passage laissé à
l'est avec l'athamé en disant :
Le cercle est fermé. La Déesse bénit Ses enfants.
L'invocation des éléments a lieu lorsque le cercle est entièrement clot avec
les participants à l'intérieur. Certains groupes laissent la Grande Prêtresse
(ou celle qui est désignée pour officier comme prêtresse lors de ce rituel)
prononcer toutes les invocations et l'assistent derrière elle dans la
visualisation des énergies. D'autres laissent plusieurs prêtresses se charger
chacune d'une invocation pendant que le reste du coven les soutient. D'autres
qui intègrent le rôle de prêtre(sse)-gardien(ne), comme c'est le cas du
Paradigme de la Sphinge, assignent plus spécialement cette tâche à ce(tte)
dernier(re). Si le rituel est conduit en solitaire, il est évident que toutes
les étapes relèvent de la même personne. Sachant que tout le monde participe
dans l'appel des énergies, il est bon que des prêtresses peu expérimentées ou
débutantes puissent de charger de l'appel d'un des éléments à chaque rituel.
Ceci leur permet de se familiariser avec les énergies et accroître leur confiance
en elle, dans un cadre rituel et au sein d'un groupe. Il arrive en ce cas
souvent de petits vices de forme : oubli
de formule, erreur dans la formation du pentacle d'invocation etc ... Cela ne
doit pas inquiéter les personnes qui osent essayer. C'est en se trompant qu'on
apprend. De plus, cela n'handicape pas le groupe puisqu'il y a toujours
derrière cette personne d'autres prêtresses plus expérimentées pour la
rediriger et sceller chaque point cardinal comme il se doit.
Les pentagrammes d'invocation qui accompagnent les invocations aux éléments
peuvent être tracés à l'aide d'un athamé ou de la baguette, selon la préférence
et le ressenti. On convient généralement que la baguette peut être préférable
dans le sens ou les être élémentaux sont invités au rituel, et non pas
commandés comme c'est le cas de la magie cérémonielle ou haute-magie.
Le pentagramme d'invocation est tracé selon un sens précis, de la pointe du
haut vers la pointe gauche du bas, et ainsi de suite, vers la pointe droite du
milieu, pointe gauche du milieu, pointe droite du bas et retour enfin à la
pointe du haut. Si cette explication semble compliquée, entrainez vous
simplement à dessiner sur une feuille de papier des pentagrammes en partant de
la pointe du haut et en allant vers le bas à gauche. Le reste du pentagramme
suivra naturellement. Il s'agit de reproduire le même processus avec l'athamé
ou la baguette lors de l'invocation aux éléments, en visualisant ce pentacle
alors qu'il se forme. Les couleurs à visualiser sont celles-ci :
Est : jaune
Sud : rouge
Ouest : bleu
Nord : vert
Contrairement à la plupart des traditions wiccanes, la tradition dianique
considère l'élémental sous un aspect féminin, et y adjoint une déesse,
patronnant durant le rituel un élément et point cardinal donné. Ainsi, si la
forme d'appel aux éléments reste la même, d'un rituel à un autre, on n'appelle
pas la même déesse pour le même point cardinal. Par exemple : l'ouest sera
particulièrement bien représenté à Samhain par Sedna, déesse Inuit du monde des
morts, qui réside sous l'océan, alors qu'à Beltane ou Litha, on fera plutôt
appel à Aphrodite. Cet aspect de la tradition dianique laisse un large éventail
de choix lié à chaque sensibilité propre, et appelle à la créativité et
l'intuition. Il est donc important de connaître un grand nombre de déesses afin
de mieux savoir laquelle conviendrait le mieux à un rituel donné/ De nombreux
livres de mythologie du monde entier permettent d'obtenir ces informations,
parmis lesquels The Book of Goddesses and Heroines de Patricia Monaghan,
ou Ancient Mirrors of Womanhood, de Merlin Stone. En français, on peut
se tourner avec interrêt vers les cartes des déesses, dessinées par Susan
Seddon Boulet, parues aux éditions du Roseau et qui offrent l'avantage de
fournir à la fois une représentation et une description pour chacune des
déesses.
Voici quelques exemples de déesses pour chaque élément :
Air : Iris (Grèce), Psyché (Grèce), Sophia (Grèce/Gnostique), Athéna
(Grèce), Minerve (Rome), la Femme-Aigle (Natifs-Américains), Bastet (Egypte),
Nephtys (Egypte), Ishtar (Mésopotamie), Diane (Rome), Artémis (Grèce)
Sud : Hestia (Grèce), Vesta ( Rome), Pélé (Hawaï), Kali (Inde),
Brigid/Brigantia (Celte), Sol (Scandinavie), Lucina (Rome), Hébé/Aurora
(Grèce/Rome), Amaterasu (Japon), Morrigan (Celte)
Ouest : Aphrodite/Vénus (Grèce/Rome), Chalchihuitlicue (Aztèque),
Atargatis (Syrie), Tiamat (Mésopotamie), Sarasvati (Inde), Thétys (Grèce), Isis
(Egypte), Arianrhod (Pays de Galles), Yemaya (Afrique), Sedna (Inuit)
Nord : Cerridwenn (Celte), Hel (Nordique), Cérès (Grèce),
Coré/Perséphone (Grèce), Phersiphnaï/Proserpine (Perséphone dans sa
prononciation étrusque/romaine), Hécate (Anatolie/Grèce), Cybèle (Anatolie),
Gaia (Grèce), Maya (Rome), Flora (Rome), la Femme Mutante (Natifs-Américains),
Tlazolteotl (Aztèque), Lilith (Hébreu)
Ce ne sont que quelques exemples alors qu'il en existe de très nombreux de par
le monde. Vous êtes invités à les découvrir par vous-même. Il faut également
garder à l'esprit que les distinctions opérées entre éléments sont arbitraires,
et que rares sont les déesses qui ne peuvent correspondre qu'à un seul élément.
Ainsi, Isis peut être conçue comme déesse d'amour et de forces magiques, donc
plus liée à l'ouest ; mais elle peut également être vue comme Mère, et revêtir
l'élément du Nord. Lors de l'invocation aux éléments, le choix est donc lié au
ressenti du moment, et en grande partie à l'intuition. Selon les occasions, il
arrive qu'une déesse nous appelle plus qu'une autre. Soyez libres de faire
confiance à vos propres ressentis ; si vous sentez Artémis sous son aspect de
déesse de la terre (nord) plutôt que son aspect Vierge sauvage (est),
transposez selon votre intuition et vos besoins. La nature féminine n'a jamais
été faite d'un bloc, c'est d'autant plus vrai pour les déesses.
A présent que le choix des déesses a été abordé, voici quelques modèles de
formulation d'appel aux éléments. Adaptez en fonction de la déesse associée.
Est : Je t'appelle et te salue, gardienne de l'est, gardienne de
l'air du ciel, Iris, déesse messagère de l'arc-en-ciel. Je t'invite à te
joindre à notre (ma) célébration et à nous prodiguer tes influences bénéfiques.
Qu'il en soit ainsi!
Sud : Je t'appelle et te salue, gardienne du sud, gardienne du feu
sacré, Pélé, déesse passionnée du volcan. Je t'invite à te joindre à notre (ma)
célébration et à nous prodiguer tes influences bénéfiques. Qu'il en soit ainsi!
Ouest : Je t'appelle et te salue, gardienne de l'ouest, gardienne des
eaux des mers et des rivières, ainsi que de la mort et de l'initiation ;
Thétys, déesse des océans profonds. Je t'invite à te joindre à notre (ma)
célébrationet à nous prodiguer tes influences bénéfiques. Qu'il en soit ainsi!
Nord : Je t'appelle et te salue, gardienne du nord, gardienne des
trésors de la Terre-Mère, Cérès, déesse à la blonde chevelure d'épis. Je
t'invite à te joindre à notre célébration et à nous prodiguer tes influences
bénéfiques. Qu'il en soit ainsi!
Ces invocations sont la forme la plus simple d'appel aux éléments. Il est
possible de faire plus étoffé et poétique si l'inspiration est là. Dès que vous
êtes familiarisé avec l'appel des éléments, n'hésitez pas à varier et créer vos
propres invocations. Elles seront d'autant plus efficaces qu'elles seront nées
de vous.
Après avoir prononcé ces invocations, la Grande Prêtresse va de nouveau à l'est
et scelle le cercle d'un baiser. Cette fois, le cercle est bel et bien projeté,
et nul ne peut plus le quitter, sauf réelle nécessité. Auquel cas, une porte
sera ouverte dans le cercle, et refermée après le retour de la ou les personnes
qui l'ont quitté.
Il serait impropre de terminer cette section sans parler de fermeture du
cercle. Il convient alors de remercier en premier lieu la ou les déesses
impliquées dans le rituel. Après quoi, chaque élément est révoqué par un
pentagramme de bannissement, partant de la pointe gauche du bas vers la pointe
du haut (puis du haut vers la pointe droite du bas, vers la pointe gauche du
milieu etc ...) et une révocation reprenant les termes de l'invocation, par
exemple pour l'est :
Je te remercie, gardienne de l'est, gardienne de l'air du ciel, Iris, déesse
messagère de l'arc-en-ciel, pour ta présence et ta protection durant ce rituel.
Repars dans la paix et demeure avec nous et en nous chaque jour de notre vie.
Qu'il en soit ainsi!
Alors que les invocations des éléments se font de l'est au nord, la révocation
se fait du nord à l'est, dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Le grounding, c'est à dire le renvoi à la
terre des énergies en surplus peut se faire avant la révocation des éléments ou
après, cela dépend en partie du travail qui a été effectué et du besoin des
participants. Le Paradigme de la Sphinge le fait en général après la révocation
des éléments, car celle-ci est vue comme un acte magie à part entière.
Après quoi, on sonne la cloche et les participants font le tour du cercle dans
le sens contraire afin d'en renvoyer les énergies. La Grande Prêtresse dit
alors :
Le cercle est ouvert mais non pas brisé. La Déesse demeure avec nous.
Des discutions, repas ou autres activités peuvent encore avoir lieu ensuite.
Toujours selon l'occasion et l'envie des participants.
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